...article du jour, juste après la pub...

jeudi 5 novembre 2009

(date with) Lui –ou pas.


- J’ai rendez vous place Vendöme ce matin, tu as besoin de quelque chose ?

- Quelque chose, genre qui serait emballé dans une boite rouge ? Non, ça ira, j’ai tout ce qu’il me faut… (vous en connaissez beaucoup vous, des femmes qui refuseraient un petit quelque chose emballé dans une boîte rouge ? je suis inconsciente, c’est désormais factuel). Par contre on peut déjeuner en sembles ?

- Au Ritz ?

- hum…

- Ou ailleurs, si tu veux ? Vers Midi et demi ?

- Oui, pourquoi pas… Sauf, que ce midi, j’ai piscine.

- hum…

mercredi 4 novembre 2009

553 km


Cinq cent cinquante trois kilomètres…

Cinq cent cinquante trois kilomètres me séparent désormais de Mes-Vieilles-Pierres. Kilomètres avalés hier sous la pluie battante, dans le brouillard, poussée de travers par des rafales de vent. La route m’était hostile. A moi, ainsi qu’à la palanquée d’automobilistes parisiens ayant eu la même brillante idée que moi : rentrer un jour avant la fin des vacances. Pour que les enfants puissent faire leurs activités mercrediennes, pour avoir le temps de ranger les bagages, pour souffler un peu avant de réattaquer la difficile traversée qui nous sépare de Noël.

Souffler, après les vacances… voilà un concept intéressant…
Souffler tout court… voilà un besoin constant.

lundi 2 novembre 2009

Retour à la vie (courante).


Finalement la semaine a filé à toute allure. Temps magnifique, semaine bien remplie, visites aux amis, voisins, famille. Je suis apaisée.
Je me sens bien. Enfin bien.

J’ai décidé de m’occuper du sens, enfin. Et laisser les besoins à l’essentiel.

(Deux Dolipranes, s’il vous plait pour les lecteurs largués)

J’ai pris une décision, et je l’affirme : j’écris un livre.
J’écris un livre. Fini l’ère du « je voudrais bien –mais j’peux point ».
J’ai une idée, un message, j’ai travaillé une trame, et je déroule mon histoire. Histoire embryonnaire, mais existante.
Je suis enceinte de ce que je veux faire, de mon projet, je suis en train de le réaliser. Je ne sais pas très bien comment, mais pas à pas, j’avance. Je prends mon temps.

J’écris un livre.
Je le redis : « j’écris un livre ». J’ai un peu le vertige à le dire, à le clamer. C’est comme si je voulais m’interdire de me dégonfler, d’abandonner. J’ai commencé tant de fois à écrire, des histoires qui n’ont jamais vu de fin, j’ai souvent dit : « je vais écrire… » pas même osé prononcé le mot « livre ». Ou « j’essaye d’écrire »… une petite chose évasive… « … de la chicklit’ », comme si je m’excusais de mettre les pieds dans la cours des grands… et me cantonnais à un genre de littérature « jetable ».

Alors non. J’écris. Voilà, j’écris car j’ai des choses à dire. Et je voudrais bien les dire –les dire bien. J’écris et je verrai bien, plus tard, ce qu’il advient de ce que j’ai écrit. Chaque chose en son temps.

Voilà, c’était ma confidence du lundi soir.
(maintenant, motus… jusqu’à l’accouchement)


(je rappelle à l'ami lecteur que la gestation de l'éléphant dure 21 mois... celle de l'écrivain est tout à fait aléatoire.)

dimanche 1 novembre 2009

Rose


Ce matin, à l’ouverture de l’œil, encore en demi-sommeil, le ciel m’est apparu tout rose. Pas de brouillard, ou juste une brume au dessus de l’eau. Le temps va se gâter… c’est aussi le bouton « météo » de mon iphone qui le dit : il pleuvra demain, et tout le reste de la semaine. Tant pis.

Aujourd’hui il fait encore beau, et demain sera un autre jour –j’adore cette expression, allez pour le plaisir, je la redis : « demain sera un autre jour », comme Scarlett O’hara d’Autant en Emporte le Vent… Film que je n’ai jamais vu –sacrilège, lèse majesté… Mais vraiment trois heures de film grésillant sautillant, même pas en HD… Non merci ! d’autant plus que tout le monde connait déjà l’histoire… qui a d’ailleurs inspiré Régine Déforges pour sa Bicyclette Bleue (du moins pour les premiers tomes ???) (--peu importe) (comment ça langue de pute ? tout le monde l’a dit non ? au début des années 90…)

Bref.

J’en étais au Rose du ciel. Vite j’attrape mon appareil photo pour immortaliser la couleur. Il est presque trop tard. Le temps de régler l’ouverture, et déjà le rose pâlit, se fade, s’éteint. Tant pis. L’essentiel, c’est ce qui a gravé l’œil à l’instant de l’éveil, qui reste sur la rétine, s’imprègne dans le cortex, donne le ton de la journée.

Aujourd’hui, journée rose, rien ne peut me la gâcher. Rien.

J’ai décidé.

J’ai aussi décidé d’aller faire une petite visite à une cousine de papa.
Sans la prévenir, pour ne pas la déranger. Oui, c’est un concept personnel : je préfère arriver à l’improviste, si je tombe bien, tant mieux, si non, tant pis, je repars… Mais je trouve que c’est mieux avec certaines personnes. Si j’avais appelé ma grande cousine, elle se serait pris la tête à trouver une date, un moment où ça ne l’aurait pas bousculée, où elle aurait pu préparer un gouter somptueux, faire des courses pour ça, bref, nous recevoir. Là, j’arrive avec mon cortège –limité le cortège, seul le grand est collé à moi, le petit s’est endormi dans la voiture, et je lance un « coucou ? », personne.
Alors que je m’apprête à repartir avec les petits pour un plan B, je la vois affairée dans sa cuisine, elle lève la tête, me vois, me souris. La surprise est bonne. Le moment Rose…

NB : attention, quand je parle de rose, je ne veux pas que le lecteur imagine un rose mièvre, genre layette, ni un rose trop fuchsia non plus… Non, le rose dont je parle est un rose gai, joyeux, avec une musique de fond entrainante, un peu comme le rose de la panthère du même nom… vu ?

samedi 31 octobre 2009

Joie


S’il y a quelque chose que j’adore, ici, et en cette saison, c’est le premier rayon de soleil qui perce le brouillard. Inexplicablement, cette vision me met en joie. C’est la victoire de la chaleur sur la brume. De l’été sur l’hiver… encore un zeste d’été.

Blablabla.

En fait, non, je ne vais pas vous parler de la joie.
Assise sur le banc de la cuisine, avec mon bol de thé et mon ordi, Loreleï passe la serpillère sous mes pieds. Indifférente à mes tentatives de concentration, elle babille joyeusement. –bin tiens, là voilà la joie !

« Alors, ma voisine, blablabla… » avec le bruit du lave linge et la résonance, je n’entends qu’un mot sur deux. « … et puis mon gendre vient manger chez nous ce soir… mais j’ai fait une choucroute… tout dans la casserole… blablabla »
- ha oui… c’est bien… Je souris, je ne sais pas si c’est approprié à ce qu’elle raconte, mais, elle me met de bonne humeur. Son énergie est communicative, cette femme est un soleil, un peu comme celui qui perce le brouillard. Toujours de bonne humeur, toujours prévenante, toujours un mot gentil, un sourire.

Elle fait partie du package « Mes-Vieilles-Pierres ». Grace à sa venue quotidienne, je me sens moins seule. D’un tourbillon, elle descend le linge, fait les lits, passe l’aspirateur –la serpillère, range les chambres des enfants et trouve même le temps de leur laisser des dessins à colorier dans leur chambre. Une perle ? Oui, c’est exactement ça.

Dans quelques jours, quand on partira, elle viendra m’aider à tout enfourner dans la voiture. Ensembles nous ferons le tour des la maison, chaque pièce, vérifier que rien n’est oublié. Elle embrassera les petits, me serrera dans ses bras : « vous m’envoyer un texto quand vous êtes arrivés, hein » --oui, Loreleï est très moderne. Elle refoulera une petite larme et sur le perron me fera des grands signes, jusqu’à ce que la voiture disparaisse au tournant de l’allée. Ensuite, elle défera les lits, mettra draps et serviettes à laver, rangera vaisselle et videra le frigo avant de l’arrêter. Elle reviendra étendre et ranger le linge, fera un dernier tour de maison, et un dernier tour de clé pour fermer la maison. Jusqu’aux prochaines vacances…

vendredi 30 octobre 2009

Loup pour l’homme


L’homme est un loup pour l’homme. Et pour la femme en l’occurrence. Mais pas n’importe quel homme. Le voisin est un loup pour la femme, en fait.

Mais laissez moi vous parlez de mes voisins. De mes voisins de Mes-Vieilles-Pierres.

Au préalable, il faut savoir que Mes-Vieilles-Pierres est une propriété avec quelques hectares de terrain, un parc planté, des bois, le tout clos de mur. Des murs nous appartenant. Nous appartenant depuis tellement longtemps qu’il n’est plus besoin de le préciser. Sauf aux nouveaux arrivants du village attenant.

Parmi ces nouveaux arrivants, l’un achète une charmante petite maison en pierres proche de notre mur d’enceinte. Pendant l’hiver (car chacun sait bien que le gros œuvre s’effectue toujours l’hiver, notamment en pays de gel… --big lol , chacun sait aussi que nous ne sommes que rarement là l’hiver…), une énorme maison en moellons se construit, collé à « notre » mur.
Collée !! Collée, et c’est là où le bât commence à blesser : jamais nous ne nous en serions rendu compte si le voisin n’avait pas au passage cassé quelques arbres, et effondré quelques pierres du mur.
Visite chez le nouveau voisin, tendue. Il nous soutient avoir permis de construire et autorisation des Batiments de France… Gros doutes… Mais, toujours pris par le temps toujours trop court passé à Mes-Vieilles-Pierres, on laisse en suspend. L’année d’après, l’horreur en moellons a pris du volume. L’ardoise a été remplacée par de la tuile. Sacrilège…

L’hiver suivant, le nouveau voisin a fait école : un autre se sert de notre mur pour construire un « abris », qui devient garage, qui devient annexe, qui devient appartements…

Que faire que dire… il est souvent préférable de maintenir des relations de bon voisinage... Quand le chat n’est pas là, les voisins dansent… Et puis « vous en avez déjà tellement grand… qu’est ce que ça peut bien vous faire ? » Oui, mais non ! Tu veux pas ma culotte aussi ? Tiens le protège slip en prime !

Je suis énervée.

Je viens d’avoir un appel téléphonique du premier voisin qui souhaite maintenant crépir son hideux moellon. Et qui voudrait bien passer par chez nous pour faire l’arrière de sa maison. Qui d’ailleurs exige de passer par chez nous puisque c’est la loi ! (???) Mais la loi ne lui a-t-elle pas conseillé de s’écarter un peu du mur ? Non… on croit rêver.

Non, je ne suis pas énervée… juste un peu. (d’ailleurs, y-a-t-il un médecin dans la salle, à défaut d’un avocat, ou d’un bon juriste ? –mon mail est ouvert !)

jeudi 29 octobre 2009

Brouillard



Réveil cotonneux, dans un nuage. J’ai la tête dans le brouillard, les pieds aussi. Les pieds, la maison et la campagne environnante… Eveil dans l’univers blanc.

De ma fenêtre, seules les branches noires du marronnier donnent un peu de relief à l’immédiat. Pour le reste, je ne distingue rien. Le bruit des voitures qui passent me rappellent la route. Un clac, et c’est sur le pont suspendu qu’elles passent…

Vision de coton qui laisse présager une belle journée.

Car, oui, le brouillard se lève. Parfois vers midi… mais il fini toujours par laisser apparaitre un ciel d’azur, sans le moindre nuage. Il fait beau, chaud. Eté indien.

J’ai sorti les transats, les ai installés au Sud, et après déjeuner, les enfants jouent sur la terrasse, et moi… je retrouve mon activité préférée : je glande au soleil. Je deviens chat.

Pas de contrariété pour le moment. Pas de loir, pas de lézard, pas de chauve-souris pour déranger mes nuits. Le séjour est court, et je savoure chaque minute. Comme si j’essayais de les retenir, en prolongeant une balade dans le bois, une cueillette improbable, en faisant encore un dernier tour dehors avant que l’ombre des grands arbres ne me rappelle la saison…

Hier, j’ai étendu le linge dehors. Comme en été. Je l’ai aussi déplacé quatre fois, le soleil tourne vite. Et sécher le linge est une illusion. Le linge a fini à l’intérieur, près des radiateurs. Qu’importe.

mardi 27 octobre 2009

Retour aux sources


Me voilà de retour à Mes-Vieilles-Pierres. Cinq heures de route, brouillard et soleil, peut être une photo, ou deux… ( je ne savais pas que les radars automatiques prenaient dans le brouillard…)
Enfin, la dernière ligne droite, le pont, à gauche, la côte, l’allée bordée de platanes, la cour déjà à l’ombre de la maison. La maison n’a pas bougé, rien ne dérange les pierres…

Un, deux, trois tours de clé, soulever le lourd loquet et voilà. Je suis chez moi, enfin. La maison est tiède et a cette odeur unique qui me rappelle mon enfance. Chaque maison a ses propres odeurs. Mes-Vieilles-Pierres sent l’humidité et le moisi, la chaleur de la fonte des radiateur, les manteaux laissés sur le porte-manteau, quelque chose d’indescriptible qui , subtilement me caresse les joues, le nez, la gorge, remontant mes plus anciennes sensations d’enfance. J’aime cette odeur fugace, celle de la maison juste au moment où, depuis longtemps, on ouvre la porte. J’aime cette première seconde. Après on ne sent plus. Le nez s’habitue, la porte reste souvent ouverte sur les entrées sortie des enfants. (oui, on aime chauffer la campagne alentour… on a très tôt pratiqué le réchauffement climatique…)

Loreleï est passée, le ménage a été fait. Le frigo est en route, il ne reste plus qu’à le remplir astucieusement pour une petite dizaine de jours.

Je décharge la voiture, qui elle continent à chaque fois un déménagement quelque soit la durée du séjour. Les enfants ont déjà ressorti leur vélo, moto, jeep, tracteur… Le bac à sable retrouve pelleteuses et rouleaux compresseur. Au diable les valises, je sors table, chaises et transat. Au soleil. On goûte dehors, comme en été.

En quelques minutes, les habitudes sont revenues, la vieille bâtisse s’est éveillée, par la porte grande ouverte circulent les véhicules grandeur miniature et résonnent les rires de mes enfants.

samedi 24 octobre 2009

(in bed avec) Lui versus Bas


Il y a des femmes à bas. Je n’en suis pas une. Je ne suis pas pour autant une femme à collants. Je suis une femme à jambes nues l’été, à jeans l’hiver.

Là dernière fois que j’ai mis des bas –des Dim’up, c’était en 1989. J’avais une robe Courrèges offerte pas ma grand-mère, ma première robe couture. Une robe courte, en laine, bien trop chaude pour la saison. Je l’avais mise pour aller au ciné. Au bout de deux heures à me tortiller sur mon fauteuil, les bas avaient roulotté et n’arrivaient plus au bas de la robe… Je les avais enlevé et déposés dans la première poubelle croisée en sortant.

Vingt ans plus tard, je cherche des chaussettes hautes, je trouve des bas. Envie, pourquoi pas. Je les choisis noirs et fins, avec une large bande auto adhérente.
Force est de constater que des progrès ont été faits dans la tenue du bas sur la cuisse. Mais vingt ans c’est un peu comme si on comparait une Renault 5 avec une Twingo… Il y a forcément du mieux.

Mon c&t est monté se coucher. J’essaye mon achat, et fatale, monte le rejoindre.

L’homme est couché, à moitié endormi. Il ne remarque pas tout de suite. Je lui fais remarquer, j’insiste.
« ha, woué… ça te va bien, tu viens te coucher maintenant ? »
Oui, mais bon, non…
« j’ai très mal à la tête, je suis pas bien… »
Je me couche, sans ôter mes bas –sait-on jamais, et lui enfile deux Advils, en me disant que d’ici vingt minutes il aura changé d’avis…
« merci ma chérie, je me sens mieux maintenant, je vais pouvoir me reposer… »

Vdm ? C’est ça ? Oui, un peu… J’ai enlevé les bas, les ai roulé en boule et lancés à l’autre bout de la chambre

C&t :1 – Bas : 0
A suivre… ?

mardi 20 octobre 2009

L’Oedipe roi


Ce matin, j’accompagne la classe de mon Petit à une expo d’Art Moderne. Vingt quatre enfants, six adultes, vingt minutes de trajet à pied. Une heure sur place.

Au retour, le petit me supplie de ne pas le laisser à la cantine, il est « très fatigué et souhaite se reposer à la maison »… « manger avec toi »… « faire une grosse sieste, maman chérie »…

Comme, certes, il peut être fatigué suite à un week end un peu chargé en activités, comme, certes, les vacances de Toussaint de la fin de la semaine se font désirer, comme, certes, je ne suis que faiblesse face à lui…
Autorisation accordée par la maitresse, je repars avec mon Petit. Déjeuner en tête à tête, et repos sur le canapé devant des dessins animés…

Sauf qu’au bout de cinq minutes, le Petit a fini de se reposer. Il vit littéralement le dessin animé et le canapé a tôt fait de se transformer en bateau de pirate. La couverture se hisse en grand voile, et les doudous partent à l’abordage sous les ordres de mon Petit capitaine Croquet… Puis, mes bottes le font devenir Chat Botté, et de bond en bond, je commence à regretter...

J’ai limite l’impression de m’être fait avoir là… Mais je ne pouvais pas louper une occasion pareille, avoir mon petit pour moi toute seule, un déjeuner presque en amoureux, juste lui et moi, et un temps calme et câlin sur le canapé, sans que son père ne me l’accapare !

Oui, je sais, je prends le plus court chemin pour lui payer vingt ans d’analyse freudienne… Mais je mets d’ores et déjà de l’argent de coté…